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Parole d’expert. Les institutions investissent dans l’éthique  .

 Thierry Dubost de la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire et Romain de Braquilanges de Natixis Global Asset Management.

  • Thierry Dubost de la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire et Romain de Braquilanges de Natixis Global Asset Management. | Ch. V.

Christian Veyre. Contenu proposé par la Caisse d’Epargne.

Les investisseurs institutionnels ne sont pas des épargnants tout à fait comme les autres. Organisations non-bancaires, ils investissent les fonds collectés au service de la création et du développement des entreprises (capital-risque au sens large). Mais leur comportement évolue. Moins averses au risque, moins dépendant du long terme ils sont de plus en plus épris d’investissement éthique. Explications des experts de Natixis Global Asset Management et de la Caisse d’Epargne.

Dans la famille des épargnants, je voudrais… les investisseurs institutionnels ! Mais si, sans le savoir vous les pratiquez déjà ! Il s’agit de tous les acteurs économiques concernés par les procédures et techniques de gestion institutionnelle (dixit l’association française des investisseurs institutionnels). Qu’ils appartiennent à la famille retraite, prévoyance, mutuelle de santé, assurance, association, fonds de dotation, fondation, entreprise publique ou institution spéciale, ou encore, entreprise à statut spécifique…

2 500 milliards d’actifs

Bref, au final, ça fait une belle et grande famille. Riche d’un volume d’actifs gérés avoisinant les 2 500 milliards d’euros. Une famille où chacun a des intérêts particuliers mais où l’intérêt de la famille tend à homogénéiser pratiques et comportements.

Ce que confirme Romain de Braquilanges, un des experts de Natixis Global Asset Management en investissement institutionnel : « Chaque investisseur a sa propre stratégie. Elle est conditionnée par la structure de son passif, sa politique de risques et les contraintes de son secteur d’activité. Mais de plus en plus, les investisseurs institutionnels sont à la recherche de performance et d’éthique. »

S’adapter en permanence à la volatilité des marchés

Un point de vue partagé Thierry Dubost, directeur de centre d’affaires Grands Comptes institutionnels à la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire : « On a, très régulièrement, affaire à de véritables professionnels du domaine. Ils ont des exigences à court et moyen termes. Et à ce titre, ils attendent un retour sur investissement. Ils sont donc à la recherche de conseil et d’accompagnement. Et cela passe évidemment par un diagnostic très fin et la mise en œuvre de solutions sur-mesure. »

D’autant que depuis la crise financière de 2008, le marché de l’investissement a profondément changé. Les placements à court terme sont négatifs. Et proche de zéro à 5 ans.

Une situation qui, contre toute attente, est plutôt fertile à en croire Romain de Braquilanges : « Depuis 2008, l’Autorité des marchés financiers a renforcé son contrôle. Si vous ajoutez à cela le fait que les placements sans risques n’existent plus, vous obtenez de l’innovation et du dynamisme. »

La plupart des investisseurs institutionnels se sont donc adaptés à ce nouveau contexte. À tel point, que leurs stratégies d’investissements sont désormais plus agiles et plus évolutives.

Exit la gestion « en bon père de famille »

Et dans le même temps, les relations avec leurs gestionnaires se sont intensifiées. Romain de Braquilanges est tout sauf surpris par cette évolution : « La relation principale est animée par la banque. Ce qui est tout à fait normal et sain. Mais en tant que conseiller pour des clients intermédiés nous intervenons de plus en plus en relais. C’est une question de confiance, de qualité de service et d’adaptabilité de nos solutions. Aujourd’hui, il est rare qu’une stratégie d’investissement perdure plus de deux ans. »

Sans parler de la baisse des taux ces dernières années. Car comme le remarque Thierry Dubost « Si la baisse des taux a été une bonne nouvelle pour les ménages, elle l’est beaucoup moins pour les investisseurs institutionnels. Le marché est arrivé à un stade de maturité. Et des directives comme Bâle 2 ou des normes comme Solvabilité 2 ont été très structurantes pour la filière. La prise de risque est aujourd’hui, en partie, assumée par les investisseurs institutionnels qui n’hésitent plus à diversifier et à sophistiquer leurs portefeuilles. »

Dis-moi comment tu investis et je te dirais qui tu es !

Une tendance qui ne se dément pas : l’engouement pour les placements « investissements socialement responsables (ISR) auprès des investisseurs institutionnels. « Un succès logique » pour Thierry Dubost pour qui « Les critères extra-financiers sont devenus discriminants. Investir oui mais pas à tout prix ! L’environnement, l’économie sociale et solidaire, le local, se révèlent être de bons placements. Sans parler de l’effet d’entraînement. »

Mieux le label ISR est aujourd’hui gage d’éthique et de bonne gestion pour les investisseurs institutionnels. « Longtemps, les fonds ISR ont eu une mauvaise image », renchérit Romain de Braquilanges, « Aujourd’hui, on reconnaît la qualité du process de gestion et même le niveau de performance. Sur la période récente, ils ont été autant voire plus performants que les autres. Et puis il y a un côté rassurant pour le client final. L’investissement a plus de sens. »

http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/caisse-d-epargne/parole-d-expert-les-institutions-investissent-dans-l-ethique-4921972

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