Compétitivité de l’éthique anglo-saxonne sur la latine en Entreprise.

Compétitivité de l’éthique anglo-saxonne sur la latine en Entreprise. 

Mots clefs : Ethique, Entreprise, Compétitivité, Latine, Anglo-saxone, Valeurs, Morale,  Corporate Governance , Viennot, Guigou,

Le processus de mondialisation conduit à repenser continuellement la notion de compétitivité. Devenue globale, celle-ci concerne quasiment tous les aspects de la vie qu’ils soient économiques, sociaux, politiques, culturels, éthiques, juridiques ou fiscaux.

La notion d’éthique est difficile à cerner lorsqu’elle concerne l’Homme, elle est encore plus incertaine lorsqu’elle concerne l’Entreprise. La recherche immodérée du profit de certains leaders peut mener à des actions immorales. Cette notion e est plus difficile à définir, à fortiori, celle d’éthique d’Entreprise qui fait référence à des règles universelles relatives aux mœurs, à des valeurs liées au bien et au mal.

Il est intéressent de voir qu’il existe différentes conceptions de l’éthique d’entreprise. Une approche « Latine » qui insiste sur les valeurs orientant les actions et les comportements des entreprises. Tandis que l’approche « Anglo-saxonne » insiste sur l’intérêt des actionnaires.

L’éthique latine se réfère le plus souvent à des valeurs, à une finalité morale, à des interdits. L’intérêt social de l’entreprise est privilégié (intérêt supérieur à tout autre intérêt des salariés, des actionnaires, des prestataires, des clients…). En France, l’éthique des affaires est associée à des problèmes d’abus de biens sociaux, principalement.

Le rapport Viennot (juillet 1995) considère que l’intérêt social n’est pas seulement l’intérêt des actionnaires, mais aussi celui de la personne morale qui peut avoir des intérêts propres. Il est ainsi indiqué que «l’intérêt social peut se définir comme l’intérieur supérieur de la personne morale à elle-même, c’est à dire de l’entreprise considérée comme un agent économique autonome poursuivant des fins propres, distinctes notamment de celles de ses actionnaires, de ses salariés, de ses créanciers, de ses fournisseurs, et de ses clients, mais qui correspondent à leur intérêt commun, qui est d’assurer la prospérité et la continuité de l’entreprise ». Par ailleurs, l‘article 20 du deuxième avant-projet (dit Guigou) symbolise clairement la prise en considération d’une éthique d’entreprise à la française : « le conseil d’administration veille au respect des droits des salariés ».

Alors que l‘éthique anglo-saxonne se réfère à des comportements plus pragmatiques et matériels. Par éthique d’Entreprise, on voit l’éthique des règles de la « Corporate Governance ». L‘éthique anglo-saxonne privilégie principalement le profit des actionnaires plus que l’intérêt social de l’entreprise. Les marchés financiers jouent un rôle plus fondamental en matière d’entreprise. La maximisation des profits de « shareholder value » prédomine dans la mesure où ce dernier devient de plus en plus puissant : investisseurs institutionnels, fonds de pensions, intermédiaires financiers, « hedge funds ».

La considération première n’est pas tant d’améliorer la situation de la direction ou de permettre à l’entreprise d’attirer des clients que de favoriser le rendement des titres de ceux qui investissent et de capter les futurs investisseurs. Si transparence il y a, elle ne bénéficie qu’aux actionnaires. Les dispositions relatives à la « Corporate Governance » visent donc dans les pays anglo-saxons un gouvernement d’investisseurs.

Les prescriptions en matière de « Corporate Governance » sont plus précisément destinées à assurer au mieux le fonctionnement des règles statutaires de la majorité sous réserve du respect du droit des minoritaires. Elles visent essentiellement l’intérêt commun des acteurs financiers de l’entreprise et non l’intérêt social.

La notion anglo-saxonne d’éthique d’entreprise ne correspond donc pas à l’approche latine de l’éthique d’entreprise. Les débats et les propositions d’origine anglo-saxonne concernent les administrateurs indépendants, la dissociation des pouvoirs de direction (Président et Directeur Général), la rémunération des Président et Directeur Général, la publicité des rémunérations…

A suivre dans un prochain post.

Mohamed OULED-HADDOU

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