Entretien avec l’auteure franco-américaine de livres pour enfants et adultes de science-fiction anglophone Jennifer MACAIRE. /  Interview with the English-speaking author Jennifer MACAIRE.

Propos recueillis par Mohamed OULED-HADDOU.

sans-titre2

      Calme et emphatique, Jennifer MACAIRE pose un regard « féroce » sur notre société moderne et surtout de part et d’autres de l’océan Atlantique. Cette auteure anglophone maîtrise parfaitement la langue de Molière. Avec 13 livres à son actif, dont le dernier roman « The Road to Alexander » vient de paraître, n’a rien perdu de sa vivacité et de son énergie au service des autres.

« Il est convenu d’appeler Jennifer MACAIRE l’une des « grandes dames » des lettres américaines ».

Quiet and firm, Jennifer Macaire casts a critical eye upon our society. With 13 books to her credit, this author francophone speaks French, but prefers to write in English. With 13 books published, the last one ‘The Road to Alexander ‘ just out, she hasn’t lost her enthusiasm or will to be of service to others.

 » It was advisable to call Jennifer MACAIRE one of the  » great ladies  » American letters « .

Comment êtes-vous devenu écrivain?

How did you become a writer?

J’ai écrit ma première histoire quand j’avais 6 ans, donc je pense que je suis peut-être née écrivaine ! Je ne me souviens pas d’une époque où je n’étais pas en train d’écrire une histoire ou de dessiner. J’ai trop d’imagination !

I wrote my first story when I was 6, so I think I may have been born a writer. I can’t remember a time when I haven’t been writing a story or drawing a picture. Too much imagination, I suppose !

Quand avez-vous appris à écrire, alors que votre milieu social ne vous y prédisposait pas vraiment ? Dit-moi si je me trompe …

When did you decide to write? Your upbringing didn’t really predispose you to become a writer. Tell me if I’m wrong…

En fait, mes parents travaillaient avec l’armée américaine comme enseignants. Mon père avait été dans les Marines, mais mes parents ont accepté un emploi d’enseignement sur une base militaire à Samoa. C’est le premier souvenir que j’ai de ma vie. Puisque les deux étaient des professeurs, ils m’ont encouragé à écrire.

Actually, my parents were working with the military as teachers. My father had been in the Marines, but both accepted a job teaching on a military base in Samoa. That is the first memory I have of my life. Since both were teachers, they encouraged me to write.

Y a-t-il un livre, ou un écrivain, qui a joué un rôle de déclic pour vous?

Is there a book, or a writer, who inspired you to write?

Ray Bradbury est l’auteur qui a développé mon intérêt pour l’écriture. Il a influencé mon écriture à la fois dans le style et le contenu. Mon coup de foudre littéraire est la science-fiction, merci à lui.

Ray Bradbury is the author who kindled my interest in serious writing. He influenced my writing both in style and content. My first literary love is science fiction, thanks to him.

Comment avez-vous trouvé votre propre ton, votre propre style?

How did you find your own style?

C’est comme écouter une voix dans ma tête, et sans effort calculé pour garder un certain style. C’est vrai que j’ai tendance à utiliser beaucoup d’adjectifs, mais je pense que c’est parce que j’imagine les scènes telles qu’elles sont écrites comme si elles faisaient partie d’un film. Quand j’écris, je dois être capable de visualiser le texte comme une scène de film, donc je pense que cela rend mon style très actif et visuel.

It’s like listening to a voice in my head, and not a calculated effort to keep to a certain style. It’s true that I tend to use a lot of adjectives, but I think it’s because I imagine the scenes as they are written as if they are part of a film. When I write, I have to be able to visualize the text as a movie scene, so I think that makes my style very active and visual.

Comment écrivez-vous?

How do you write?

J’utilise beaucoup de schémas pour mes livres. Je préfère quand j’ai une structure pour que je puisse vérifier que l’histoire progresse logiquement.

I use a lot of outlines for my books. I prefer when I have a structure so that I can verify that the story is progressing logically.

Ou écrivez-vous?

Where do you write?

Surtout à la maison – sur mon ordinateur portable. J’ai écrit mon tout premier roman à la main, en Argentine. Mais je préfère bien plus les ordinateurs pour écrire!

Mostly at home – on my laptop. I wrote my very first novel out longhand in Argentina. But I much prefer a computer for writing!

Comment construisez-vous vos romans ?

How do you build your novels?

Je dois commencer par une histoire, puis je fais un schéma, chapitre par chapitre, puis je fais toutes recherches qui doivent être faites (histoire, science …) et puis je commence à écrire.

I have to start with a story – then I do an outline, chapter by chapter, and then I do any research that needs to be done (history, science…) and then I start to write.

Pourquoi avoir choisi de vivre à Mantes-la-Jolie?

Why have you chosen to live in Mantes-la-Jolie ?

Je vis à Mantes-la-Jolie (ndl : Yvelines-France). J’ai choisi cette ville parce que je l’ai adoré. J’aime me promener au bord de la rivière, à mi-chemin entre Paris et la Normandie, pour être proche de la campagne. J’aime les gens, Mantes a une population si intéressante et diversifiée; c’est comme une mini ville de New York. Je la trouve très dynamique.

I live in Mantes la Jolie (France). I chose the city because I loved it. I love the walk by the river, to be halfway between Paris and Normandy, to be close to the countryside. I love the people – Mantes has such an interesting and diverse population; it’s like a mini New York City. I find it very dynamic.

Résultat de recherche d'images pour "jennifermacaire"

Vous qui êtes amoureuse de la nature, que préconisez-vous pour la préserver?

You love nature, how do you recommend we protect it?

J’essaie d’acheter des produits locaux, mais il y’a des choses que je ne peux pas faire sans, comme le café. Je sais que c’est irréaliste d’essayer de sauver la planète par soi-même, et le consumérisme rend la chose encore plus difficile, mais j’achète des ampoules LED, je prends des douches rapides (relique des jours où j’ai vécu dans les îles Vierges et l’eau était si cher!) J’essaie de marcher beaucoup, j’achète des plastiques recyclables, et j’essaie d’enseigner à mes enfants le respect de la nature.

I try to buy local products, but there are some things I can’t do without, like coffee. I know it’s unrealistic to try to save the planet by one’s self, and consumerism makes it even harder, but I buy LED light bulbs, I take quick showers (leftover from the days I lived in the Virgin Islands, and water was so expensive!) I try to walk to work, I buy recyclable plastics, and I try to teach my children respect for nature.

Vous êtes également très attachés à la solidarité, pensez-vous que l’économie sociale et solidaire peut favoriser le rapprochement entre les humains ?

You are also very attached to humanitarian work. Do you think that voluntary work and social programs can help bring people together?

Nous pensons qu’en tant qu’êtres humains nous sommes tellement supérieurs à tout ce qui se trouve sur cette planète, mais nous pouvons passer à côté d’une personne pauvre assise sur le trottoir sans même cligner des yeux. Il y a assez de richesse et de nourriture pour toute la planète, mais nous vivons dans une société qui idolâtre les riches et qui renie les pauvres. Tout le monde essaie d’aller de l’avant, et donc cherche a dépassé son semblable.

Je me sens incroyablement chanceuse d’être en mesure de payer le loyer et la nourriture, mais il y a tellement d’autres qui ne peuvent pas. Si je peux partager un peu de ce que j’ai pour aider les autres, je le fais. C’est ce que je pense de la solidarité sociale et économique. Le problème, à mon avis, c’est que notre système économique est orienté vers les riches et que le fossé entre les riches et les pauvres s’élargit.

We think that as human beings we are so superior to everything on this planet, yet we can walk by a person sitting on the sidewalk with a sign saying that he’s hungry and not even blink. There is largely enough wealth and food to go around, yet we live in a society that idolizes rich people and spurns the poor. Everyone is trying to get ahead, and so steps on those below them in their attempts.

I feel incredibly lucky to be able to afford rent and food, but there are so many others who cannot. If I can share some of what I have to help others, I do. That’s what I think of social and economic solidarity. The problem as I see it is that our economic system is skewed towards the rich, and the gulf between rich and poor widens.sans-titre

Pouvez-vous nous raconter une anecdote ou expérience vécue aux USA et France autour de l’éthique et de l’économie sociale et solidaire ?

Can you tell us a story or an experience you’ve had living in the USA and France that reflect on the differences between the two countries social safety nets?

J’ai grandi aux États-Unis, et il n’y a pas de filet de sécurité sociale. Quand j’étais jeune, ma mère ne pouvait pas se permettre de m’envoyer chez un dentiste ni chez un médecin. Je ne pouvais pas me permettre d’aller à l’université, et mes choix se limitaient à commencer à travailler directement après l’école secondaire, ou à rejoindre l’armée. Plus tard, quand mes jumeaux sont nés aux États-Unis, prématurément et sans assurance, nous nous sommes retrouvés avec une facture d’hôpital à plus de 200.000 $.

Je ne sais pas si vous pouvez imaginer ce que c’était, nous étions jeunes, juste mariés, et avions déjà une dette énorme. Mais il y’a des milliers de personnes aux États-Unis avec la dette médicale, et maintenant il y’a la dette éducative, car les étudiants doivent prendre des prêts pour aller à l’université. La dette moyenne est de plus de 50.000 $, donc vous pouvez voir qu’il y’a un énorme problème en Amérique. Les États-Unis sont la nation la plus puissante sur Terre, mais la plupart des gens ne peuvent pas obtenir de soins de santé ou d’éducation à moins qu’ils ne rejoignent l’armée. Quand je suis arrivé en France, il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre la différence entre les deux sociétés. En surface, nous sommes très semblables, et les Français disent toujours combien ils aimeraient vivre en Amérique. Mais je ne pourrais pas revenir en arrière.

La qualité de vie ici en France, pour tout ce qui est l’éducation, la santé, les loisirs même, est bien supérieure à ce que j’aurais pu offrir à ma famille aux États-Unis. Je suis heureuse de vivre ici, fière que mes enfants aient été instruits et aient choisi de vivre ici (l’un est une enseignante, l’autre est fonctionnaire, et l’un étudie en biologie).

I grew up in the US, and there is no social safety net there. When I was young, my mother couldn’t afford to send me to a dentist or doctor. I couldn’t afford to go to the university, and had to start working directly out of high school or join the army. Later, when my twins were born in the USA, prematurely and without insurance, we found ourselves with a hospital bill for over 200,000$.

I don’t know if you can imagine what that was like, to be young, just married, and have such a huge debt already. But there are thousands of people in the US with medical debt, and now there is educational debt, as students take out loans to go to the university. The average debt is over 50,000$, so you can see that there is a huge problem in America. The US is the most powerful nation on earth, but most people can’t get healthcare or education unless they join the army.

When I moved to France, it took me a long time to comprehend the difference in the two societies. On the surface, we are very much alike, and French people are always saying how much they would like to go live in America. But I couldn’t go back. The quality of life here in France, for everything that is education, health, recreation even, is far superior to what I could have afforded for my family in the US. I’m happy to live here, proud that my children have been educated and have chosen to live here (one is a teacher, one is a civil servant, and one is in the university studying biology).

Quels sont vos futurs projets ?

What are your future projects?

J’aime écrire, et je prévois publier davantage de livres. En fait, j’ai trois autres programmés pour cette année! J’aime voyager aussi, et j’espère pouvoir visiter quelques-uns des pays d’Europe que je n’ai pas encore vu: la Scandinavie et certains pays baltes, par exemple. Voici mon site Web auteur, et mon blog, si quelqu’un est intéressé! Merci beaucoup, Mohamed, c’était un réel plaisir de faire cette interview!

I love to write, and I’m planning on publishing more books. In fact, I have three more scheduled for this year ! I love to travel as well, and I hope to be able to visit some of the countries in Europe that I haven’t seen yet : Scandinavia and some of the Baltic countries, for example.

Here is my author website, and my blog, if anyone is interested! Thank you very much, Mohamed, it was a real pleasure doing this interview!

Merci beaucoup pour cet entretien.

Thank you very much for this interview.

Ses livres :

  • A Charm for a Unicorn
  • Angels on Crusade
  • Das Versprechen
  • Iskander Series
  • Jack the Stripper (M.U.C.I.)
  • Lost Storm Rider
  • Murder and Mayhem (M.U.C.I.)
  • Riders of the Lightning Storm
  • The Promise
  • The Secret of Shabaz
  • Virtual Murder
  • Welcome to Paradise

Ses livres non traduis sont vendus chez tous les grands distributeurs.

Pour en savoir plus aller sur ses blogs.

https://authorjennifermacaire.wordpress.com/

voir les liens ci-dessous.
 

Mohamed OULED-HADDOU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités