Crowdfunding vs Institutionnels .

Crowdfunding vs Institutionnels .

Jean Carvajal / Président Fondateur d’Investbook Le 23/02 à 11:32


Avec plus de 1 milliard d’euros levés en 2015 (hors UK), la finance participative connait un essor rapide en Europe. Leader des financements alternatifs, la France représente plus de 31 % des montants financés auprès des particuliers et des PME en Europe continentale. Très présents depuis quelques années dans les pays anglo-saxons, les acteurs institutionnels s’intéressent de plus en plus à la finance alternative, notamment en France.

L’institutionnalisation du financement participatif en Europe continentale

Banques, fonds d’investissement, family offices, assureurs… La participation des investisseurs institutionnels augmente fortement depuis trois ans en Europe continentale. Ces acteurs commencent à prendre une part importante en participant aux projets proposés par les plateformes, mais aussi en investissant directement dans le capital de ces fintechs.

Selon le rapport d’activité The 2nd European Alternative Finance Industry Report publié par l’Université de Cambridge en partenariat avec KPMG et CME Group Foundation, la part des institutionnels dans le financement des projets européens (hors UK) était de 24 % en 2013 puis de 33 % en 2014 pour atteindre 44 % en 2015. Les niveaux d’investissement diffèrent selon les modèles de financement. Environ 96 millions d’euros des montants investis dans le financement des prêts aux particuliers proviennent d’institutionnels (soit 26 % du montant total), 51 millions d’euros pour les prêts aux entreprises (soit 24 % du montant total) et 30 millions d’euros pour les plateformes d’affacturage (soit 37 % du montant total). À noter que les niveaux d’investissement varient selon les pays, notamment en France, en Espagne et aux Pays-Bas où les institutionnels sont davantage présents contrairement à l’Italie ou l’Allemagne.

Sur les pas des modèles anglo-saxons

Le marché du financement participatif dans les pays anglo-saxons est nettement plus développé. Le Royaume-Uni représente plus de 4,4 milliards d’euros à lui seul, soit 81 % des parts de l’activité du financement alternatif européen, et le marché américain 34 milliards d’euros en 2015. Ces écarts de volume sont expliqués par des modèles d’investissement plus orientés vers le risque contrairement en Europe continentale. La culture d’investissement, la réglementation et la fiscalité sont des facteurs expliquant que le marché anglo-saxon soit plus mature. Aussi, la présence des institutionnels est très forte dont notamment les assureurs, mutuelles et caisses de retraite.

Ce modèle d’investissement émerge de plus en plus en France notamment en raison de la période de taux bas qui oriente les assureurs, mutuelles et caisses de retraite vers de nouvelles sources de rendement. En France, ce type d’acteurs institutionnels décident de plus en plus de prendre part aux investissements participatifs comme CNP Assurances, Matmut ou encore Allianz. Habituellement, les assureurs, mutuelles et caisses de retraite investissent majoritairement dans des obligations d’État et à moindre mesure dans des actions, dans l’immobilier et par dépôts bancaires.

L’élargissement du modèle d’investissement des assureurs, mutuelles et caisses de retraite

La politique d’investissement des assureurs est contrainte par les nouvelles normes prudentielles Solvabilité II qui impose des exigences de fonds propres plus lourdes depuis le 1er janvier 2016. La période de taux bas oriente davantage ces acteurs à élargir leur politique d’investissement, ils explorent de nouvelles sources de rendement notamment dans des actifs plus risqués.

L’investissement sur les marchés privés et plus particulièrement l’investissement participatif à destination des PME est une des alternatives prometteuses pour les institutionnels. Ce type d’investissement permet aux assureurs, mutuelles et caisses de retraite de détenir en direct des titres de PME rigoureusement sélectionnées, leur offrant des rendements supérieurs grâce à la désintermédiation contrairement au schéma d’investissement classique. L’investissement participatif leur permet également de se positionner afin d’anticiper les nouveaux risques et de réaliser une veille technologique liée à la finance alternative. La participation d’institutionnels aux opérations du financement participatif permet d’offrir un gage de sécurité aux investisseurs privés (particuliers, sociétés, associations et fondations) afin de répartir et limiter le risque. Par ailleurs, certaines plateformes limitent l’investissement de ces acteurs par projet (30 % du montant total recherché par exemple) afin de garder une dominante d’investissement par « la foule ».

Ainsi, l’engouement pour l’investissement participatif des institutionnels est croissant. L’intérêt pour ce nouveau mode de financement met en exergue la confiance de ces investisseurs professionnels envers les plateformes. Le récent lancement du fonds « Prêtons Ensemble » pour 100 millions d’euros regroupant notamment Aviva ou AG2R La Mondiale est un des exemples de la volonté des institutionnels de participer aux financements de PME et de l’économie réelle.

@InvestbookFR

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-166683-crowdfunding-vs-institutionnels-2067260.php#TMC8HdWP1hcQJH65.99

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