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Suicides au travail.

Secrétaire Général Adjoint du C.Q. Consultant ISS : Collectivité Territoriale du VAR.

Par Guillaume De BORTOLI.

 

Depuis juin dernier, le milieu médical, plus précisément « les infirmiers », est touché par une vague de suicides :

  • Un infirmier de 55 ans au CHU de Toulouse : remise en cause des conditions de travail
  • Une infirmière de l’hôpital du Havre : « dégradation constante des conditions de travail »
  • Un cadre infirmier de l’hôpital de Saint Calais dans la Sarthe : courriers envoyés au centre hospitalier, à l’ARS (agence régionale de la santé) et à sa famille remettant en cause la Direction de l’établissement
  • Deux infirmières sur cinq, du Service Médical Interprofessionnel de la Région de Reims (SMIRR) se sont données la mort : l’une 51 ans et la 2e, 46 ans mère de 2 enfants, s’est suicidée après un arrêt de travail de plusieurs mois suite à un harcèlement moral et sexuel de son supérieur hiérarchique (écarté du service depuis la dénonciation).

Cette vague de suicides touche toutes les catégories socio-professionnelles et remet en cause directement les conditions de travail.

  • Maltraitance des agents / mise en danger des patients

 

« Les conditions de travail se dégradent un peu partout. La pression devient trop rude sur des professionnels que l’on pousse à bout : rappels sur repos, polyvalence imposée, perte de sens, sous-effectif, pression à l’activité… Ces réorganisations sont en rupture avec les valeurs soignantes. Elles débouchent sur une maltraitance des soignants et la mise en danger des patientsEntre injonctions paradoxales (augmenter l’activité avec moins d’agents), recherche d’une rentabilité immédiate, rationalisation des flux de patients en GHM (Groupe homogène de malades) et standardisation des procédures de soin, les professionnels de santé sont en grande souffrance. Cette maltraitance institutionnelle se développe sur une grande échelle mais les directions adoptent la politique de l’autruche face aux difficultés psychiques de leurs salariés ou font illusion en mettant en œuvre des plans de prévention cosmétiques sans prise sur le réel. » déclare Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI/CFE-CGC). QUALITE EMPECHEE 

 

  • Coupes budgétaires responsables

 

Publié en février dernier, un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) avait déjà mis en évidence comment, de tous les agents hospitaliers, les infirmières et les sages-femmes semblent les plus exposées au risque de développer des troubles psychosociaux :

  • Confrontations plus fréquentes aux tensions du public
  • Expositions non négligeables aux conflits avec leurs collègues
  • Sentiment de surexploitation par rapport aux autres (72% contre 65)
  • Plus nombreuses à se juger sous pression

Depuis 4 ans, le budget de la FPH a été considérablement réduit :

  • Ajustement du personnel, de moins en moins d’effectifs pour de plus en plus de patients
  • Explosion de la charge de travail au détriment de l’accompagnement du patient
  • Perte de sens du métier d’infirmier
  • Impacts sur la santé : burn out, suicides, TMS, …
  • 20% des infirmiers retraités sont en invalidité
  • Prime de nuit à seulement 1€ /heure
  • Augmentation des erreurs de soins : 50% en 4 ans selon les patients

Le C.Q

 

 

 

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