« Chief happiness officer », artisan du bonheur au travail ?

« Chief happiness officer », artisan du bonheur au travail ?

Vie au tra­vail. Nés aux États-Unis, les « res­pon­sables du bon­heur au tra­vail » com­mencent à ap­pa­raître en France. Une fonc­tion en­core un peu floue.

Tous les ma­tins, son sou­rire ac­cueille les col­la­bo­ra­teurs de l’en­tre­prise In­tuiti, à Nantes, spé­cia­li­sée dans le mar­ke­ting nu­mé­rique. « À la façon dont les gens re­ferment la porte, je sais com­ment ils vont », glisse Flo­relle Moire, « chief hap­pi­ness of­fi­cer » (CHO), au­tre­ment dit « res­pon­sable du bon­heur au tra­vail » de cette so­ciété de 30 sa­la­riés.

Cette fonc­tion, en­core bal­bu­tiante, re­ven­dique un autre rap­port au tra­vail. « Cela peut sem­bler gro­tesque, mais ce mé­tier a beau­coup de sens, as­sure la jeune femme, ini­tia­le­ment em­bau­chée comme as­sis­tante de di­rec­tion. Prendre en consi­dé­ra­tion le fac­teur hu­main en en­tre­prise, agir avec écoute et bien­veillance peut chan­ger beau­coup de choses. Ici, les gens ne viennent pas seule­ment faire leurs heures.. »

C’est en s’ins­pi­rant de ce qui se fait dans la Si­li­con Val­ley, aux États-Unis, dans le sillage de so­cié­tés nu­mé­riques comme Zap­pos, la pion­nière, ou Google, que les di­ri­geants d’In­tuiti ont créé ce poste. Dans ces lo­caux dé­co­rés par un ar­chi­tecte, où trônent ca­na­pés, console de jeux et même cous­sins pour faire la sieste, tout a été pensé pour rendre la vie pro­fes­sion­nelle plus agréable.

Bonne tenue des lo­caux et de l’en­vi­ron­ne­ment de tra­vail de cha­cun, com­mu­ni­ca­tion in­terne via une « ga­zette », ac­cueil soi­gné des nou­veaux ar­ri­vants, or­ga­ni­sa­tion d’évé­ne­ments fes­tifs et du sé­mi­naire an­nuel, appui ad­mi­nis­tra­tif.. les mis­sions de Flo­relle Moire sont des plus va­riées. « Pour moi qui ai une aver­sion to­tale de la rou­tine, c’est par­fait. C’est par­fois fa­ti­gant mais très agréable de se créer son propre mé­tier ! »

Cette fonc­tion n’étant pas en­core co­di­fiée, il existe au­tant de « res­pon­sables du bon­heur au tra­vail » que d’en­tre­prises. À Star­tup Pa­lace, so­ciété nan­taise qui hé­berge et ac­com­pagne des start-up et des « équipes in­no­va­tion » de grandes en­tre­prises, Emma Le Goff s’oc­cupe ex­clu­si­ve­ment de l’ani­ma­tion du lieu : pe­tits dé­jeu­ners et apé­ri­tifs convi­viaux toutes les se­maines, repas men­suel, mise à dis­po­si­tion de pa­niers de fruits et lé­gumes, or­ga­ni­sa­tions de séances de mas­sage, etc. « Elle est là pour créer les condi­tions pour que les gens échangent entre eux et évo­luent dans un lieu où il fait bon vivre », dé­crit An­toine Du­mont, pré­sident de Star­tup Pa­lace.

Cette mis­sion n’est pas vue comme un gad­get : « Les gens qui tra­vaillent ici in­ves­tissent énor­mé­ment de temps et d’éner­gie pour leur pro­jet, pour­suit An­toine Du­mont. Au­tant se faire plai­sir pen­dant cette phase de vie pro­fes­sion­nelle.. »

Chez In­tuiti aussi, le res­pon­sable du bon­heur a un rôle stra­té­gique. « Sa fonc­tion est très im­por­tante car notre so­ciété gran­dit, sou­ligne Claire Gal­lic, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion. Notre ob­jec­tif est à la fois de bien ac­cueillir ceux qui ar­rivent et de gar­der ceux qui res­tent. » D’au­tant que créer une bonne am­biance ne s’im­pro­vise pas. « On s’ajuste en per­ma­nence. Mais quand l’équipe adhère, c’est par­ti­cu­liè­re­ment gra­ti­fiant », sou­ligne Flo­relle Moire.

par Flo­rence Pa­gneux (à Nantes)
  • Tous droits réservés La Croix 2016
Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s