Le LDD se met au service de l’économie sociale et solidaire.

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Le LDD se met au service de l’économie sociale et solidaire

Sharon Wajsbrot Le 06/06 à 07:00

   Le LDD met service l'économie sociale solidaire
Le LDD se met au service de l’économie sociale et solidaire

Le projet de loi Sapin 2 prévoit de permettre aux détenteurs de LDD de faire des dons à des entreprises de l’ESS.
Certains parlementaires veulent étendre la mesure au Livret A.

Rémunéré au taux réglementé de 0,75 % et défiscalisé, comme son cousin le Livret A, le livret de développement durable (LDD) aura bientôt un autre atout pour attirer les épargnants. La loi Sapin 2, débattue dans les prochains jours à l’Assemblée, devrait en effet lui ajouter une option solidaire : chaque épargnant se verra ainsi proposer par sa banque de donner une partie de son capital à une entreprise solidaire.

Pour le secteur qui rassemble des groupes aussi divers que des mutuelles, associations, coopératives ou fondations, c’est un nouveau coup de pouce. Moins répandu que le Livret A, le LDD affiche un encours de 101 milliards d’euros, dont 35 % est au bilan des banques et donc mobilisable pour des dons. C’est une poche non négligeable pour doper la finance solidaire : portée par le succès de l’épargne salariale solidaire et par des placements bancaires dédiés au secteur (livrets, fonds de placement…), elle a drainé 290 millions d’euros de flux d’épargne en 2015 et affiche 8,46 milliards d’euros d’encours.

Pour le secteur de l’ESS, la mesure est toutefois nettement en deçà des attentes. « Nous souhaitions que l’épargnant puisse choisir qu’une partie de ses dépôts soient alloués à l’octroi de prêts aux entreprises de l’ESS qui ont des difficultés à se faire financer par des réseaux bancaires traditionnels. Avec un système de dons, les volumes engagés seront d’une tout autre nature », estime Sophie des Mazery, directrice de l’association Finansol. Il faut dire que François Hollande a entretenu le doute en promettant en janvier que « le LDD sera désormais affecté, du côté des banques, notamment pour le financement de l’économie sociale et solidaire ». Opposée à un tel dispositif, jugé complexe à mettre en oeuvre, la Fédération bancaire française a entre-temps convaincu l’exécutif d’opter pour l’alternative du don.

Levée de bouclier des banques

Pour maximiser l’impact de cette mesure, Finansol plaide désormais pour que l’option du don solidaire soit aussi associée aux Livret A commercialisés dans les banques. Le député PS de l’Essonne, Romain Colas, a déposé un amendement en ce sens qui a été adopté en commission des Finances. Le texte doit être débattu en séance.

Reste qu’au sein des banques le sujet suscite une forte levée de boucliers. « C’est une charge informatique supplémentaire qui ne génère aucun revenu. Cela pourrait doubler les coûts de gestion liés du Livret A ! Par ailleurs, nous n’avons aucune garantie de l’appétence des clients pour un tel dispositif », estime un banquier. Il faut dire que le taux de rémunération du Livret A, fixé par la Banque de France et l’exécutif à un niveau fortement décorrélé des taux de marché, coûte déjà cher aux banques. A quelques semaines de la révision de ce taux réglementé, les banquiers sont nombreux à demander sa baisse, même s’il n’est pas certain que le gouvernement y consente dans le climat social actuel.

Sharon Wajsbrot, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021994770580-le-ldd-se-met-au-service-de-leconomie-sociale-et-solidaire-2003884.php?wbVzPZ02wi5GgIV2.99

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