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Numérique : le boom des emplois en Ile-de-France favorise le non-salariat

Marion Kindermans / Journaliste | Le 26/04 à 12:37

L’enquête, conjointement menée l’IAU Ile-de-France, l’Apur, l’Insee Préfecture Ile-de-France, chiffre 512.600 nombre d’emplois numérique région.

L’enquête, conjointement menée par l’IAU Ile-de-France, l’Apur, l’Insee et la Préfecture Ile-de-France, chiffre à 512.600 le nombre d’emplois du numérique dans la région.

Le secteur représente un emploi sur dix dans la région francilienne, qui concentre 40 % des établissements du numérique français. Free-lance, microentrepreneurs…, cette forme de travail en mode « projet » est à la hausseC’est un homme, plutôt parisien, il frôle la trentaine, un diplôme de l’enseignement supérieur en poche. Devenue free-lance pour répondre à la hausse des commandes en « mode projet », il fréquente les espaces de co-working qui ont fleuri aux quatre coins de la capitale. Voilà le profil type de l’actif francilien qui travaille dans le numérique. Et, surtout, celui qui va monter en puissance au fil des ans, selon une étude dévoilée en mars de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France, avec l’Insee, l’Apur et la préfecture de région Ile-de-France. L’économie numérique représente aujourd’hui un emploi sur dix dans la région capitale. « 40 % des établissements du numérique français sont en Ile-de-France » précise Carine Camors, économiste à l’IAU, en charge de l’étude. Basée sur le dernier recensement effectué par l’Insee en 2012, cette enquête chiffre à 512.600 le nombre d’emplois du numérique. Soit près de la moitié des actifs salariés et non salariés du numérique en France. Un chiffrage inédit dans sa précision tant les contours du secteur du numérique sont restés jusqu’à présent assez flous. Les auteurs ont retenu plusieurs domaines : les technologies de l’information et de la communication (TIC), les contenus et supports des TIC, la publicité-communication et les activités industrielles connexes aux TIC. Soit 51 secteurs d’activité, code NAF. Le numérique représente 9 % de l’emploi francilien. Il est de 3 % en province.

Publicité-communication

Le profil type de l’actif francilien dans le numérique se dégage aisément. Les cadres représentent 58 % des emplois du numérique (contre 29 % tous secteurs). Plus de la moitié de ces actifs sont diplômés du 2e ou 3e cycle universitaire (contre 30 % tous secteurs) et ils sont à 32 % âgés entre 25 et 34 ans. Le secteur est plutôt masculin, les femmes représentent 36 % des actifs occupés (contre 48 % dans l’économie francilienne), même si elles sont plus nombreuses dans les contenus. Et, enfin, 70 % d’entre eux travaillent à Paris et dans les Hauts-de-Seine, là où ils trouvent la densité des réseaux professionnels, la proximité des donneurs d’ordre et des espaces de travail qui leur correspondent.L’étude montre que la montée du numérique n’est pas radicale. La preuve, les emplois numériques n’ont que « légèrement augmenté » entre 2007 et 2012 (+1,4 %), soit un gain net de 6.800 emplois. En revanche, la surprise vient de la mutation radicale du secteur. Entre 2007 et 2012, une nouvelle répartition des secteurs s’est opérée. Des activités sont en baisse comme les TIC ou certaines activités de contenu créatif (–6.500 emplois dans le livre et la presse). D’autres ont grimpé : les activités de programmation et conseil informatique (+22.000 emplois), la publicité-communication (+11.500 emplois), la production cinématographique et télévisuelle (+5.200 emplois). Aujourd’hui, six actifs sur dix travaillent encore dans le domaine des technologies des TIC, comme la programmation et le conseil informatique auprès des entreprises. Deux actifs sur dix exercent dans le domaine des contenus et supports culturels (cinéma, audiovisuel, édition de livre et presse, musique). Les autres travaillent dans des domaines de « spécificité francilienne » : publicité-communication, activités industrielles connexes aux TIC comme la fabrication d’équipements d’aide à la navigation, instrumentation et matériels optiques.

Aménagement du territoire

Le phénomène notable que révèle cette étude est la part croissante, depuis 2007, des non-salariés. Dans le numérique, 12 % des emplois sont du non-salariat (contre 9 % pour l’ensemble du secteur marchand), soit 59.600 personnes qui sont soit pour la grande majorité en indépendants (65 %), ou microentrepreneurs (ex-autoentrepreneurs). Pour l’instant, la norme dominante reste bien le CDI ou CDD. Mais le changement va crescendo. « L’Ile-de-France a gagné 12.100 emplois non salariés dans l’économie numérique entre 2007 et 2012 », précise Carine Camors, C’est encore plus flagrant dans le domaine de la publicité-communication, où les non-salariés ont bondi de +56 % en cinq ans. Les nouveaux métiers apparus dans le numérique poussent aussi à cette tendance de fond : chargé de référencement, « motion designer » (concepteur d’animation Web), designer d’interfaces Web, community manager (animateur de communauté en ligne…). Certaines activités, qui sont de plus en plus externalisées, passent par un recours aux indépendants (développeurs free-lance d’applications mobiles et Web, administrateurs de base de données, consultants en robotique…). « Cette économie francilienne qui se dessine va entraîner un aménagement du territoire différent, une réflexion sur la mobilité des transports, sur la nécessité de créer des espaces de bureaux de type co-working », fait remarquer Carine Camors. Et inévitablement une réflexion sur la précarisation de ces emplois.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/021878116936-numerique-le-boom-des-emplois-en-ile-de-france-favorise-le-non-salariat-1217506.php?KFkXlTVQ6cIcddzf.99

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