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Le jugement porté par un banquier sur une entreprise peut-il se fonder exclusivement sur des éléments financiers ?

L’analyse de l’entreprise doit permettre au banquier de se prononcer sur l’opportunité, les conditions et les limites des concours financiers qu’il envisage de consentir à l’entreprise. Cette analyse est avant tout financière, elle permet une étude de l’activité, de la rentabilité et de la structure financière de l’entreprise.

Ce diagnostic financier à travers l’étude du bilan et du compte de résultat est essentiel, mais est-il suffisant ?

Nous exposerons dans une première partie la pertinence de l’analyse financière puis dans une seconde l’importance du diagnostic de valorisation de l’entreprise.

L’importance de l’analyse financière.

Analyse du bilan

Connaître le patrimoine de l’entreprise et se forger une idée de l’évolution possible des équilibres emploi/ressources, du niveau de solvabilité et de pérennité de l’entreprise. (En comparant plusieurs bilans).

Le bilan fonctionnel : Permet d’expliquer le fonctionnement de l’entreprise : apprécier l’équilibre financier, l’indépendance financière et la rentabilité.

De calculer le FR* le BFR*, et la trésorerie.

Analyse du compte de résultat.

Permet une analyse de l’activité en 3 fondamentaux :

L’exploitation – le financier – l’exceptionnel

Il dégage le solde (bénéfice ou perte) provenant de la comparaison entre produits et charges.

Outil d’analyse de l’activité et de la rentabilité :

Les SIG* permettent :

  • D’apprécier la performance de l’entreprise et la création de richesses générée par son activité.
  • De décrire la répartition de la richesse
  • De comprendre la formation du résultat net en le décomposant.

Analyse du prévisionnel.

Extrapolation du passé + questions pertinentes permettent de projeter et de mesurer le devenir de l’entreprise. Projection du volume des capitaux propres et de l’endettement afin d’apprécier la solvabilité future de l’entreprise.

Analyse de la gestion du compte en banque.

Le bilan restant une photo à un instant donné (parfois éloigné) par rapport à l’étude réalisée par le banquier, il est important de voir la pertinence des éléments fournis par l’entrepreneur par rapports aux mouvements actuels du compte. Le respect des engagements déjà pris par le client est également fondamental (ligne de crédit, découvert en compte, nombre de jours débiteurs, mouvements d’affaire confiés, solde moyen…). Le recours à des facilités de paiement (escomptes, affacturage, crédoc…) ou des délais fournisseurs importants influence aussi la décision du banquier.

Comme nous venons de le voir dans une première partie, l’analyse financière de l’entreprise est déterminante sur le jugement que le banquier porte sur celle-ci. Toutefois, elle ne peut être suffisante et l’intervention d’un diagnostic d’évaluation de l’entreprise reste primordiale.

Le diagnostic et la valorisation de l’entreprise.

A) L’Analyse fondamentale (conduit à valider la stratégie d’une entreprise, son positionnement, à identifier les risques et le niveau de sensibilité à ces risques, puis à analyser ses comptes.

*Analyse de l’activité de l’entreprise et des contraintes externes.

Analyse de la compétitivité au sein du secteur :

Nouveaux entrants, Produits de substitution, Pouvoir de négociation des fournisseurs/des clients (dépendance vis à vis du nombre de clients),

Enfin, l’attractivité du secteur.

*Analyse stratégique de l’entreprise.

Les différents points à analyser sont :

L’histoire : constitution de la société, capacité d’adaptation.

Les moyens humains : personnel compétent, qualité âge des dirigeants.

L’outil de production : importance des dépenses en immobilisation corporelles, obsolescence ?

Les produits : diversification, répartition…

La stratégie commerciale.

La recherche et développement : quelle part allouée à la R&D…

*La stratégie commerciale.

Par les coûts.

Par la différenciation en termes de produits.

*Analyse des comptes des sociétés (vue supra).

B) Les différentes méthodes d’évaluation.

Une fois l’analyse fondamentale réalisée, l’objectif est d’estimer la valeur d’une action et/ou des capitaux propres d’une entreprise.

Deux types d’approche sont utilisés:

*Actualisation des flux futurs estimés.

  • L’actualisation des dividendes : DDM
  • L’actualisation du cash-flow DCF

*Méthode comparative.

En comparant l’entreprise à des entreprises semblables

L’évaluation par les multiples (PER) (price earning ratio).

En conclusion, l’analyse du banquier s’appuie nécessairement sur une étude globale de l’entreprise. La partie financière est indispensable mais ne peut être prise en compte qu’en appuie d’une compréhension de ce qui fait l’entreprise elle-même, soit les hommes, le marché, le projet, les perspectives d’évolution et d’avenir…

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FR : Fond de Roulement.

BFR : Besoin en fond de roulement.

SIG : Solde Intermédiaire de Gestion.

PER : (price earning ratio).

Avertissement :

Les données chiffrées figurant dans cette présentation sont issues de sources réputées fiables. Elles ne sauraient toutefois constituer un quelconque engagement ou garantie du Cercle Quesnay quant à l’usage qui peut en être fait.

Ce document vous est adressé à titre informatif. Il ne contient pas d’incitation ou d’offre de transaction de quelque service ou produit que ce soit, ou ne constitue en aucun cas un conseil, lequel ne peut être délivré que dans le cadre d’une étude personnalisée de la situation de chaque client par des établissements agrées.

Mohamed OULED, Aziz SONNI-ALAMI & Majid HASSI

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